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Site de ArcenBarrois

Il se distingua dans les sciences naturelles et se créa de nombreux amis parmi les savants. Après avoir épousé Nicole Becquet, fille de Maître de Forge d’Arc-en-Barrois et des environs, il vint se fixer à Arc-en-Barrois où il devint lui-même Maître de Forge. Il ne se borna pas à la pratique purement mécanique de son art, il fit un grand nombre d’expériences sur le fer et analysa presque tous les minerais de fer de l’Europe. C’est lui qui est l’auteur de tous les articles de l’Encyclopédie sur la fabrication du fer. Ces articles ne sont pas signés. On verra plus loin qu’il était en relation avec les philosophes de l’Encyclopédie. Il était membre de l’Académie de Dijon et correspondant de l’Académie des sciences de Paris. Il mourut à Arc-en-Barrois le 5 septembre 1773, laissant deux fils, Victor et Thomas. Il fut inhumé dans la chapelle Saint-Hubert où la famille Becquet à laquelle il s’était allié par sa femme, avait droit de charnier. Au sujet d’Étienne Bouchu, Diderot écrivait à Grimm les lignes suivantes, lors de son séjour à Langres, en 1759 : « Il y a ici un monsieur Bouchu, homme de tête que vous avez vu une fois ou deux chez le baron, gai, rebondi, rubicond. Habitant les forêts, creusant la terre, en tirant le fer, ramassant des plâtras, en remplissant ses poches, étudiant la nature tout seul, et passant pour fou comme Démocrite l’étant à peu près comme lui. Cet homme qui ne vous a pas oublié se recommande à votre souvenir. » (Papiers personnels de Diderot, aux archives départementales de la Haute-Marne.) Ceci explique cela : les relations de Bouchu avec les philosophes de l’Encyclopédie expliquent la Révolution à Arc-en-Barrois, comment des bourgeois influents, tenant en mains les ouvriers des forges, purent changer si vite et si profondément l’esprit du peuple et le rallier aux idées nouvelles.

Si Étienne Jean Bouchu, homme supérieur, ne s’occupa jamais de poésie, mais uniquement de sciences industrielles et chimiques, il ne fut pas sans doute sans influence sur la direction d’esprit suivie par ses fils, et dut plus d’une fois sourire à leurs essais ainsi qu’à ceux de leurs amis. L’amitié de Thomas et de Victor avec Gabriel Peignot était profonde et continua longtemps après que ce dernier eut quitté sa ville natale. Ils furent tous deux Maires d’Arc-en-Barrois : Thomas Bouchu de 1789 à 1791 et Victor Bouchu de 1791 à l’an IV et du vingt-cinq germinal an VIII à l’an X. Un commerce littéraire suivi fut entretenu entre eux. Nous ne connaissons de Thomas Bouchu qu’un fragment de lettre inséré dans un livre sur la vie de Peignot. Le tour en est vif et léger, mais les vers ne sont pas assez châtiés et la pensée ne nous semble pas assez serrée. De Victor, nous avons un petit poème intitulé "Les Femmes » où il dépeint successivement la Coquette, la Dévote, la Prude, la Femme galante et voluptueuse, la Courtisane, la Bavarde, l’Avare, la Nonchalante, la Jalouse, la Joueuse, et enfin la femme vraiment Sage. Ce petit poème annonce de la facilité, de l’imagination, mais il paraît y manquer un peu de travail et pourrait être plus achevé.

Étienne Jean Bouchu


naquit à Langres le 23 mai 1714 de Pierre Bouchu, conseiller avocat du roi au siège présidial de cette ville et de Jeanne de Goix qui était probablement de la famille des de Goix de Vauclair.Appartenant à des familles honorables, il eut de puissants protecteurs, (Monseigneur de la Luzerne, évêque de Langres, le chevalier Maupeou, et le duc de Penthièvre.)