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Étienne Gabriel Peignot

est né à Arc-en-Barrois, petite ville de Bourgogne, le treize mai 1767

Gabriel Peignot, fils du lieutenant au bailliage d’Arc-en-Barrois, montra dès son enfance des goûts exclusivement littéraires cependant, selon le désir de ses parents, après avoir terminé ses études à Chaumont il se fit recevoir en 1786, avocat au parlement de Besançon, et s’établit à Vesoul pour y exercer cette profession. La vie de Gabriel Peignot s’écoula sans doute comme celle de ses compatriotes contemporains et amis, les frères Thomas et Victor Bouchu, les Thomassin de Juilly,

Thommassin de Montbel, etc. Entre jeux et études sérieuses. Successivement il devint étudiant, avocat, militaire, garde du corps de Louis XVI (sous le nom de la Verpillière) poète, auteur dramatique, acteur, entrepreneur de travaux publics, orateur officiel des réunions populaires, commandant de la garde nationale d’Arc-en-Barrois, instituteur, suspect etc.

Le dix août 1793 notre avocat, devenu commandant de la garde nationale fit le matin, un discours patriotique dans lequel l’orateur a développé la supériorité du gouvernement républicain sur tout autre gouvernement. Plus tard Étienne Gabriel Peignot donna sa démission de commandant pour obéir aux décrets qui interdisaient aux anciens gardes Coppet d’occuper un emploi civil ou militaire.

Notre écervelé ne pouvait rester dans l’inaction, après avoir soumissionné sans succès l’entreprise de la démolition des tours et tourelles du château féodal d’Arc-en-Barrois, il se fit instituteur. Malgré l’ardeur avec laquelle Étienne Gabriel Peignot avait embrassé les nouvelles idées, il ne tarda pas à devenir suspect aux ultra démocrates. Il avait été un instant chargé de la gérance du domaine d’Arc-en-Barrois et Châteauvillain par le duc de Penthièvre et ensuite par sa fille, la citoyenne veuve Égalité pour obtenir malgré la protection dont le couvraient ses amis Victor et Thomas Bouchu, l’un maire l’autre président de la société populaire locale.

Par une soirée pluvieuse le citoyen Lavocat, maire de Courcelles sur Aujon que l’on appelle aussi Courcelottes voit arriver à sa porte un vieillard nommé Jobard ex vicaire de Saint-loup-sur-Aujon accompagné d’un jeune homme avocat qui passait pour avoir été clerc sinon prêtre, ce n’était autre que notre Étienne Gabriel Peignot. Ils lui expliquèrent qu’ils étaient poursuivis par des agents révolutionnaires qui avaient ordre de les arrêter. Le maire de Courcelles les fit se cacher. Une demi-heure plus tard arrivèrent quatre individus qui sommèrent au nom de la loi le maire de Courcelottes de les aider dans la recherche des calotins Jobard et Peignot. M. Lavocat les allécha en leur offrant l’hospitalité avec un bon souper. Le dîner fut copieusement arrosé de vin si bien que vers le matin ils demandèrent leur lit. Pendant ce temps le maire de Courcelles faisait déguerpir les fugitifs qui gagnèrent la forêt où, cachés dans les huttes de bûcherons purent défier les recherches de leurs ennemis.Il dut bientôt céder aux événements et revint à Vesoul s’établir près d’une tante.

C’était l’époque où les richesses littéraires s’accumulaient dans les chefs lieux de département, par suite de la suppression des couvents et de la confiscation des biens des émigrés. Plus tard le jeune Étienne Gabriel Peignot fut chargé d’organiser la bibliothèque publique de Vesoul, ainsi les circonstances le ramenèrent à ses goûts favoris. En 1803 ce savant bibliothécaire joignit etc....