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Site de ArcenBarrois

Droit, solide, malgré ses 80 ans, moustache drue, Henri Vitrey, celui que l’on surnomma « le roi des piqueux » a bien voulu, pour nous, nous ouvrir l’album coloré de ses souvenirs.

À travers eux, c’est toute l’histoire des chasses qui défile dans ces forêts d’Arc-en-Barrois, où tout ce qui a un nom à particule s’est promené fusil sous le bras, invité par Mgr le Prince de Joinville, le duc de Chartres, le duc de Guise. Véritable force de la nature, il fut, force de la nature, il est resté, pour avoir depuis son enfance vécue cette vie au grand air, qui est la meilleurs des jouvences. Son père, garde chasse, lui inculqua l’amour de la forêt. À l’âge des culottes courtes et de l’école buissonnière, il aimait trop les oiseaux pour aller les dénicher. Par contre, à la pointe du jour, on le voyait ramasser les œufs de fourmis dont les jeunes faisans sont si friands, toutes les trois semaines, de mai en août. Il en faisait un véritable commerce. Il lui fallait remplir des caisses des caisses de 100 litres. Il gagnait alors 4 francs par jour. Cette forêt d’Arc-en-Barrois, il a appris à la connaître dans ses moindres détails, à l’aimer aussi.
À travers les 11.000 hectares et les 525 coupes du domaine, il marche sans aucune hésitation il irait les yeux bandés. A 14 ans, c’est lui qui conduisait les valets de chien à pied. On suivait volontiers ce gamin familier des sous bois. Il n’avait pas besoin de cartes ou de boussole. Dans le domaine, il était chez lui. Il est encore d’ailleurs après 50 années passées dans la même société comme piqueur et garde chef. Il était entré en janvier 1907, en 1894, il a connu le duc de Chartres, pis en 1899, le Prince de Joinville puis quatre présidents : MM. Hauzeur, Martin, Zislin et le Baron Petiet. Son maître fut M. Vautrey mort en 1947, qui avait mérité le titre envié « d’Empereur des chasses. » Lui Henri Vitrey, s’était contenté du titre de « roi des piqueurs. » aucun ne put lui ravir cette royauté. On l’imagine aisément, avec sa casquette de velours et sa blouse blanche, sa trompe de chasse et son fusil en sautoir, s’enfoncer dans les fourrés avec sa meute de chiens qui ne connaissaient que lui. C’est lui, en fait, le grand patron de la chasse. Les autres n’avaient qu’à suivre. Avec Henri Vitrey, on était sûr d’avance de trouver du gibier.Il en parle encore avec amour de ses chiens, il en avait eu jusqu’à 53 et il les avait ramassés errants. C’étaient des voyous de la race canine, roquets de petite taille et de toutes origines, parmi lesquels on retrouvait du chien d’arrêt, du chien courant, du chien de vacher, du fox-terrier, du bull-dog. Tous ses bâtards, réunis en une meute extraordinaire d’intelligence et d’audace, animés par la voix puissante de leur maître, avaient tôt fait d’attaquer les sangliers et de les harceler jusqu’à les amener dans le champ de tir des chasseurs. De 1894 à 1900, il participa à toutes les chasses à courre etc...

À la porte de la petite maison aux verts une corne de cerf tient lieu de sonnette. Dans la salle à manger, rien que des trophées de chasse. Un dix cors, accroché au mur, des dents de sanglier de 23 cm de long, des chromos représentant des scènes de chasse.
Dans la cour d’un château, une calèche tirée par des chevaux blancs ramène des chasseurs distingués et leurs trophées. Puis l’hôte apparut veste en velours côtelé, à boutons dorés, casquettes de velours marron orné d’un cor.