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mode de vie des arabes, la condition qu'ils réservaient à leurs nombreuses épouses, la situation d'Aïn Mahdi, petite oasis perdue aux portes du désert, Claude interrogea sa fille. Aurélie répondit que «ce n'est pas le genre d'homme dont elle avait rêvé pour être son époux mais son regard, sa manière de s’exprimer et sa façon d'être la troublaient. Il pourrait être un époux aimant et prévenant. » |
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Le prince fut alors invité. Claude Picard lui parla en arabe, langue qu'il maîtrisait parfaitement. Il traduisait au fur et à mesure : |
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« Ma fille et moi, ainsi que notre famille et les bienfaiteurs de mon enfant, sommes très honorés que ton auguste seigneurie ait daigné choisir Aurélie comme possible épouse. Cependant, il nous faut parler de certains détails avant de sceller une union entre nos deux familles et entre nos deux pays qui, maintenant, n'en font qu'un. » |
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« Tes vœux et ceux de ta fille sont déjà les miens, répondit le Prince. Je suis prêt à offrir quatre cents chameaux et deux mille chèvres en plus de son poids en bracelets et colliers d'or, d'émeraude et de rubis de la plus belle taille, pour unir ma vie à celle de mademoiselle ta fille. » |
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« Je vois l'intérêt que tu portes à Aurélie » répondit sans étonnement Claude Picard qui savait que ce genre de dot ne devait pas être repoussé sous peine de blesser celui qui la proposait. |
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« Elle sera, si elle le veut, la femme qui partagera ma vie et mon royaume et vivra dans la constante bénédiction de la baraka. » |
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Le Prince accepta ensuite qu'Aurélie continue à croire en Dieu et à l'invoquer à sa manière. |
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Claude Picard s'inquiéta aussi du nombre d’épouses et concubines, lot habituel des musulmans, surtout ceux de la haute société. Le Cheikh répondit qu'il répudierait toutes ses concubines dès son arrivée à Aïn Madhi. |
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Claude Picard donna donc son accord pour le mariage mais exigea qu'il soit célébré à Alger devant les autorités françaises. Claude et Aurélie Picard quittèrent Bordeaux pour aller prévenir la famille à Arc-en-Barrois. |
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Quelques jours après, Claude et Aurélie embarquaient à Marseille avec le prince et sa suite. Le père et la fille logeaient à Alger à l'hôtel de Paris. Lorsque la famille arriva d'Arc-en-Barrois, Si Ahmed leur donna l'hospitalité dans sa maison. |
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Le mariage fut célébré à Alger, en 1871, par Monseigneur Lavigerie et le Mufti Bou Kandoura. Avant de partir pour Laghouat, puis Aïn Madhi, le couple dut attendre l'autorisation de quitter Alger. |
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Enfin, le grand jour arriva. Après les adieux à la famille Picard, la caravane s'ébranla. Aurélie préféra un cheval au bassour (chez les musulmans sorte de cage formée de cerceaux recouverts de tapis d'orient, réservée au transport des femmes qui y sont bien cachées) sur le dos d'un chameau. Le voyage durera vingt jours. |
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L'interprète auprès du Prince Si Ahmed TIDJANI demanda audience à M. Steenakers pour lui demander, au nom du Prince, la main d'Aurélie. M. Steenakers prévint les parents d'Aurélie et leur demanda de venir à Bordeaux. Il demanda aussi à Aurélie de réfléchir. |
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Claude Picard arriva quelques semaines après. Il connaissait les mœurs des musulmans, surtout vis-à-vis des femmes et il voulait mettre sa fille en garde. Après lui avoir décrit le |
