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Aurélie PICARD est née le 12 juin 1849 à Montigny-le-Roi (Haute-Marne) où son père Claude Picard était gendarme. Il avait servi en Algérie et avait obtenu la Légion d'Honneur lors de la prise de la Smalah d'Abd El Kader en mai 1843. Son état de santé l'avait obligé à rentrer en France. La famille était arrivée à Montigny-le-Roi en 1848.

En 1861, elle a suivi son père, affecté à la brigade de gendarmerie d'Arc-en-Barrois. Aurélie, qui a 12 ans, travaille alors chez le Général Froissard. Elle est grande et élancée. Elle fréquente

Aussi un ouvroir pour y apprendre la couture.

À 18 ans, elle est vendeuse dans une boutique de chapeaux à Arc-en-Barrois. Elle y fait la connaissance de Madame Steenakers, épouse du Conseiller Général qui habite avec sa famille le château d'Arc-en-Barrois. Cette dame, qui apprécie les bonnes dispositions, l'élégance et la prestance d'Aurélie et lui propose un emploi de demoiselle de compagnie. Elle lui fait apprendre le solfège et le piano et lui constitue une garde-robe digne de son emploi.

Monsieur Steenakers est élu député, puis, pendant la guerre de 1870, il est nommé directeur des télégraphes au cabinet du ministre des postes. Il suit le gouvernement à Tours puis à Bordeaux avec sa famille et Aurélie qui a maintenant 21 ans fait partie de la famille.

Monsieur Steenakers est ensuite ministre des Postes de la république. Le réseau de télégraphe ayant été anéanti par les Prussiens, le ministre préconise l'utilisation des pigeons voyageurs. Il demande à Aurélie de s'occuper des pigeons. Il lui indique les modalités d'utilisation des pigeons, des messages et des petits étuis pour leur transport. Elle est aussi chargée de l'envoi et de la réception des messages, signe d'une grande marque de confiance.

Un jour, alors qu'elle était près de la volière et soignait les pigeons, elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna lentement et se trouva en face d'un homme dont la première vision lui fit lâcher un cri. Son costume n'avait rien de commun avec celui d'un européen et son visage était d'un noir d'ébène. Il la salua d'un mouvement de tête. Un officier venait de les rejoindre, parla dans une langue inconnue puis traduisit pour Aurélie : « le Prince dit qu'il regrette de vous avoir perturbé dans votre travail. Il dit que vous avez bien de la chance de connaître le langage des oiseaux, car, selon le prophète : le chant des oiseaux est la parole des anges. » Elle fut troublée par cette rencontre.

Au cours des jours suivants, Aurélie rencontra souvent le Prince qui s'arrangeait pour se trouver sur son passage.

A cette époque, Aurélie était une jeune fille de belle taille. Elle avait beaucoup de noblesse et d'élégance. Sa peau claire, ses cheveux bruns et longs, son regard gris et énigmatique séduisaient bien des hommes.